Stevie Wonder, aveugle et visionnaire

écrit par Olivier Cachin le 12/01/09 dans Chansons, Histoire

Stevland Hardaway Judkins Morris, mieux connu sous le nom de Stevie Wonder (« Stevie le merveilleux »), naquit à Saginaw, une ville microscopique du Michigan (56.000 habitants en 2007), le 13 mai 1950. Aveugle de naissance, il n’a que douze ans lorsqu’on le présente à Berry Gordy. Déjà virtuose, il joue de plusieurs instruments et séduit le pacha de Motown, qui le signe sur son label Tamla et sort son premier disque, The 12 Year Old Genius, en 1963, quelques mois seulement avant le second, Tribute To Uncle Ray, qui comme son nom l’indique est un disque hommage à son idole Ray Charles. Là où tant d’enfants prodiges s’usent après quelques années passées à jouer les phénomènes de foire, Stevie suit un trajet parallèle à celui de Michael Jackson, et ne cesse de se bonifier avec les ans, acquérant une technique, un feeling et une présence qui vont en faire un des artistes les plus emblématiques de la soul du 20ème siècle.
Les Grammy Awards de 1973 constituent un des crescendos d’une carrière qui en comporte beaucoup d’autres : Stevie reçoit ce soir-là le prix de la meilleure performance vocale pop pour « You Are The Sunshine Of My Life », meilleure performance vocale r&b pour « Superstition » et album de l’année pour Innervisions. Stevie a depuis accumulé les récompenses, récoltant au fil des ans 22 Grammies et plaçant plus de trente singles dans les dix premières places des hit-parades (« I Wish », « Sir Duke », « Living For The City », « Ebony And Ivory » en duo avec Paul McCartney, « I Just Called To Say I Love You », « Part Time Lover », etc).
Non-voyant mais non dénué d’humour, Stevie a écrit la chanson « Don’t Drive Drunk » (« Ne conduis pas quand tu es ivre ») au profit de l’organisation MAAD (Mothers Against Drunk Driving). En plus de ses chansons, il est aussi connu pour ses engagements divers, notamment son lobbying intensif pour faire du 15 janvier, le jour de l’anniversaire du pasteur Martin Luther King, une fête nationale. C’est pour cette cause qu’il composa en 1980, sur le splendide album Hotter Than July, la chanson « Happy Birthday ». Le 15 janvier devint jour férié peu de temps après la sortie du morceau. Dans les années 80, Stevie participe avec 45 autres artistes majeurs de la soul et du rock au morceau caritatif le plus emblématique du 20ème siècle, « We Are The World », qui resta numéro un des charts pendant un mois en avril 1985.
Plus discret durant les années 2000, Stevie a sorti son dernier album, A Time To Love, en 2005, toujours sur le label Motown auquel il est resté fidèle depuis 46 ans. Un autre record pour ce génie de 12 ans qui en a désormais 58, et qui a prouvé sur la scène de Bercy le 28 septembre 2008 devant un public sous le charme qu’il avait toujours le feu sacré.

Smokey Robinson, le miracle de la soul

écrit par Olivier Cachin le 8/01/09 dans Histoire, general

William « Smokey » Robinson, né le 19 février 1940 à Detroit, reste l’un des secrets les mieux cachés de l’usine à tubes qu’est la Motown. C’est à l’âge de 13 ans que ce génie précoce fonde son premier groupe, les Miracles, avec ses amis de lycée. Plus tard, le groupe incorpore la chanteuse Claudette Rogers, qui deviendra mme Robinson. Smokey a 18 ans lorsqu’il croise la route de Berry Gordy, qui va vite comprendre le potentiel de cet artiste qui compose aussi bien qu’il chante.
Smokey se souvient de cette première rencontre dans son autobiographie : « Berry nous avait entendu lors d’une audition, et il m’a engagé pour faire les chœurs de quelques-uns de ses artistes. Il a bien aimé une de mes chansons, “Mama Done Told Me“, et puis il a écouté une autre de mes compositions. J’avais déjà écrit une centaine de morceaux, et Berry les a passés en revue, m’expliquant tout ce qui n’allait pas. Il m’a fait comprendre que je devais bâtir une intrigue basique et m’y tenir. Il m’a dit que chaque chanson devait individuellement raconter une histoire complète. Berry Gordy est la meilleure chose qui me soit jamais arrivé ».
Berry pourrait dire la même chose de Smokey, car dès le single « Get A Job » sorti en 1958 sur le label End Records, les Miracles cartonnent. Et c’est aussi pour ça que l’année suivante, quand Gordy crée Tamla Motown, le groupe est une de ses premières signatures. « Shop Around », devenu un classique du rhythm & blues, se place au numéro un des charts r&b et numéro 3 des charts pop en 1961.
Smokey et ses Miracles vont écumer les hit-parades durant toutes les années 60 avec des chansons telles que « Ooo Baby Baby », « I Second That Emotion », « Baby, Baby Don’t Cry », « The Tracks Of My Tears » et « Going To A Go-Go ». Les années 70 démarrent avec un de leurs plus gros succès, « Tears Of A Clown », co-écrit avec Stevie Wonder, qui passe deux semaines à la première place des charts. Mais en 1972, Smokey se met en retrait des Miracles, cédant sa place de leader à Billy Griffin. Smokey en a assez des tournées incessantes et veut passer plus de temps avec sa famille. Il est aussi devenu vice-président exécutif de la Motown, et écrit ou produit un nombre considérable de chansons pour son label. Sa carrière solo débute en 1973 avec l’album Smokey, le premier d’une longue série (A Quiet Storm en 1975, Love Breeze en 1978, Warm Thoughts en 1980, Smoke Signals en 1986, etc).
Toujours actif dans les années 2000, Smokey a gardé une place à part dans le panthéon Motown. Ses compositions ont été reprises par des artistes aussi différents que les Beatles, les Stones, Blondie, Michael Jackson, Linda Ronstadt, Kim Carnes, The Jesus & Mary Chain et Etienne Daho.

The Four Tops, 55 ans de gloire

écrit par Olivier Cachin le 16/12/08 dans Histoire

Belle saga soul que celle des Four Tops, un des fleurons de la Motown, fondé en 1953 sous le nom des Four Aims. Les quatre chanteurs originaux sont Levi Stubbs (cousin de Jackie Wilson), Lawrence Payton, Abdul « Duke » Fakir et Renaldo « Obie » Benson. Une des première originalités du group aura été de mettre en vedette un chanteur à la voix de baryton, Levi Stubbs, alors que la mode était plutôt aux ténors. Jusqu’en 1967, l’année du départ d’Holland/Dozier/Holland du label Motown, c’est ce trio d’auteurs qui donnera aux Four Tops leurs plus gros succès : « Baby, I Ned Your Loving », « Reach Out (I’ll Be There) » (numéro un des charts pop en 1966 aussi bien en Angleterre qu’aux USA), « I Can’t Help Myself (Sugar Pie, Honey Bunch) », « Standing In The Shadows Of Love », « Bernadette » ou encore « It’s The Same Old Song », dont Claude François chantera l’adaptation française « C’est la même chanson ». Une direction soul grand public que ne laissaient pas présager les premiers disques du groupe, qui a démarré dans le jazz.

Le départ de Motown pour la côte ouest marque la rupture : les Four Tops préfèrent rester fidèle à leur vieille ville de Detroit, et signent chez ABC-Dunhill. Malgré quelques succès, le quatuor ne retrouve pas la magie des années Motown, signant notamment une BO un peu faible pour le polar de blacksploitation Shaft In Africa en 1974. La carrière du groupe perdure néanmoins, plutôt basée sur la nostalgie de l’âge d’or. Mais les quatre chanteurs ne restent pas inactifs pour autant, et reviendront chez Motown par des voies détournées : ainsi Renaldo « Obie » Benson est-il le coauteur du chef d’œuvre de Marvin Gaye « What’s Going On ».

On retrouve les Four Tops sur la label Casablanca à l’époque du disco, et ils obtiennent même un petit tube pour dancefloors, « When She Was My Girl », en 1981.

Les Four Tops retrouvent leurs vieux potes des Temptations pour une émission télé exceptionnelle consacrée aux 25 ans de la maison Motown, et retournent « à la maison » peu après : Back Where I Belong, au titre explicite, sort en 1983 et marque le retour au bercail des enfants prodiges. Il sera suivi de Magic en 1985 et Hot Nights en 1986.

Mais le temps n’oublie personne, pas même les légendes : Lawrence Payton meurt le 20 juin 1997, Renaldo « Obie » Benson le 1er juillet 2005, Levi Stubbs le 17 octobre 2008 . Abdul « Duke » Fakir, 73 ans le 26 décembre 2008, est donc le seul survivant de la formation originale. Le gardien du temple des Tops.

“Un jour, Marvin Gaye s’est penché sur mon berceau”

écrit par Marie le 9/12/08 dans Actualités, Goodies, Histoire, Vidéos

Sophie Delila - What’s going on ? cover

“Toute mon enfance et mon adolescence, j’ai vu tous les jours une photo un peu particulière, posée sur un des meubles du home studio de mon père. Quand j’ai commence a parler, toute petite, mes parents m’ont demandé : « Tu sais qui c’est ? ». La première fois, je pense que je me suis contenté d’agiter ma tête en signe de « non ». C’est entre autre comme ça que j’ai découvert Marvin Gaye. Sur une photo, prise dans ce même home studio, aux cotes de mon papa.

Même s’il a choisi à un moment de ne pas en faire son métier, mon père est un musicien/pianiste/compositeur très talentueux et pour qui la musique tient une grande place dans la vie de tous les jours, depuis toujours. Il a d’ailleurs encore beaucoup d’amis de son époque Rock’n Roll qui continuent de travailler dans ce milieu encore aujourd’hui. L’un d’entre eux avait beaucoup de relations aux Etats-Unis et travaillait avec beaucoup d’artistes Américains, dont Ray Charles. C’est lui qui nous avait les places dans les 5 premiers rangs aux concerts du roi du rhythm and blues.

Un soir, je devais être âgée de quelques mois seulement donc je ne m’en souviens pas, cet ami en question est venu diner chez nous avec son pote : Marvin Gaye ! Un moment assez exceptionnel pour mon père, je pense, et ma mère bien sur, qui en était absolument fan. Je devrais d’ailleurs demander à ma mère ce qu’elle a bien pu leur préparer… Quelle pression ! Après le diner, ils ont écouté tous ensemble des morceaux composés par mon père. Ils ont d’ailleurs enregistré la session d’écoute au magnéto. J’ai réécouté cette cassette avec mon père il y a 2/3 ans. On entend Marvin qui commente sur les accords, les arrangements… Surréaliste.

Oui, j’ai donc « rencontré » Marvin Gaye… Enfin plutôt, il s’est penche sur mon berceau. Donc avec un peu de recul et d’humour, comme j’étais beaucoup trop jeune pour m’en souvenir, je pourrais considérer ça comme une sorte de baptême. C’est plutôt classe non ? Ca expliquerait en tout cas pourquoi ma seule religion est bien la musique…

En tout cas c’est à travers cette photo, cette cassette, ces récits de mes parents, et bien sur la musique de Marvin (et de la Motown), que je m’y suis attachée. Inconsciemment j’ai du le voir comme mon modèle, et ça a forcement eu un impact sur mes gouts musicaux et mon choix de carrière. J’aurais juste aime qu’il vive un peu plus longtemps pour pouvoir en reparler avec lui…

A l’occasion des 50 ans de Motown, je lui envois un petit clin d’œil en reprenant « What’s Going On » à ma façon. Enjoy…“ Sophie Delila

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Leon Ware, producteur & auteur extraordinaire

écrit par Olivier Cachin le 9/12/08 dans Histoire, general
Leon Ware

Leon Ware

Quand on évoque les grands producteurs et auteurs de la Motown, on oublie souvent Leon Ware. Pourtant, ce géant de la soul né le 6 février 1940 à Detroit a quelques classiques à son actif : c’est lui qui a conçu pour Marvin Gaye l’étincelant écrin de son disque I Want You, peut-être le plus sensuel de son auteur. C’était en 1976, et l’omniprésence de Leon sur la majorité des morceaux témoigne de son importance sur cet album torride.

Leon a débuté dans la musique très jeune puisqu’il rejoint dès l’âge de onze ans les Romeos, un groupe au sein duquel on retrouvé -déjà- Lamont Dozier, futur pilier Motown avec le trio d’auteurs/compositeurs Hollad/Dozier/Holland. Leon débarque chez Motown en 1967 avec « Got To Have You Back », coécrit avec Ivy Hunter et Steve Bowden pour les Isley Brothers sur le label Tamla Records. Il confirme son talent d’écriture avec le hit des Four Tops « Just Seven Numbers (Can Straighten Out My Life) », gros succès en 1971. Poursuivant sa carrière d’artiste sur d’autres labels que la Motown, Leon Ware enregistre notamment un premier album solo éponyme en 1972 pour le label United Artists, qui le fera aussi travailler avec Ike & Tina Turner.

Eclectique, Leon Ware a aussi bien travaillé avec des poids lourds du label de Berry Gordy qu’avec des auteurs plus obscurs, parmi lesquels Arthur « T-Boy » Ross, le petit frère de Diana Ross, qui a coécrit avec lui « I Wanna Be Where You Are » pour Michael Jackson. En 1974, il travaille avec Quincy Jones sur le fameux album Body Heat, d’une rare funkitude.

Sous son nom, Leon a enregistré une demi-douzaine d’albums, mais le plus remarquable de tous est sûrement celui qu’il a conçu pour la Motown en 1976, Musical Massage. Sous une pochette d’une remarquable sensualité, Leon y propose quinze chansons, de « Learning How To Love You » à « Turn Out The Light » en passant par sa version personnelle de « Body Heat ».

Toujours actif en 2008, Leon Ware, 68 ans, a ainsi participé au dernier album du collectif Jazzanova après avoir collaboré avec Maxwell et a sorti en août dernier l’album Moon Ride.

Motown International Worldwide

écrit par Olivier Cachin le 5/12/08 dans Goodies, Histoire, general



Si le succès des artistes Motown a été mondial dès les années soixante, il a aussi généré nombre de « covers », les plus connues pour la France ayant été celles de Claude François. En effet, on sait que le chanteur populaire était toujours à l’affût des dernières nouveautés, et il se procurait des copies vidéo de tous les shows américains afin de s’inspirer des chorégraphies et des compositions noires américaines, celles du label Motown en priorité. Il a notamment repris « It’s The Same Old Song » écrit par le team Holland/Dozier/Holland pour les Four Tops, devenu « C’est la même chanson » dans son adaptation française signée Jean-Michel Rivat. Une autre de ses reprises est le fameux « J’attendrai », adapté d’un original signé Brian Holland qui fut chanté par les Jackson 5, les Four Tops et surtout Diana Ross & The Supremes.

En février 1968, dans l’émission télévisée Studio 102, Claude François et les Supremes reprenaient une version bilingue de ce classique Motown. « ”Reach Out (I’ll Be There)”, “J’attendrai” pour les Français !” », lance Claude à la caméra après une brève présentation de Diana Ross, qui chante et danse à ses côtés. L’extrait, visible sur le net en noir et blanc, est un moment d’anthologie. Trois ans plus tard, Claude part aux USA enregistrer dans le studio Motown, à Detroit. « C’est la même chanson », reprise des Four Tops, est enregistré dans les lieux mêmes de sa création, avec les musiciens et choristes qu’on retrouvait sur la version originale. On raconte que Claude François fut déçu par les studios de Detroit, qu’il trouva vétustes et manquant de glamour.

Mais si de nombreux artistes ont traduit et adapté les hits de l’usine à tubes Motown, les artistes Motown originaux ont parfois fait de même : sous le titre Motown Nero Italiano, huit artistes maison ont eux-mêmes chanté en italien des adaptations de leurs propres succès. Stevie Wonder a ainsi interprété « Non Sono Un Angelo » (« I’m Wondering ») The Temptations « Sei Solo Tu » (« The Way You Do The Things You Do »), The Four Tops « Gira Gira » (« Reach Out, I’ll Be There »), Smokey Robinson & The Miracles « Non Solo Quello Che Tu Vuoi » (« I’m The One You Need ») et The Supremes « Chi Mi Aiutera » (« You Keep Me Hanging On »).

Une preuve de plus de l’universalité du catalogue Motown.

Tracks of my Tears

écrit par Marie le 4/12/08 dans Actualités, Goodies, Histoire, Vidéos

Tracks of my Tears

« Motown a fait de moi l’homme que je suis aujourd’hui », déclarait récemment Barack Obama.

Motown, c’est le label soul qui a révélé les plus grands chanteurs afro-américains – Stevie Wonder, Marvin Gaye, Diana Ross ou le jeune Michael Jackson. À l’occasion des 50 ans de cette mythique maison de disque, fondée en 1959 par Berry Gordy et Smokey Robinson, une équipe de MK2 s’est rendue à Détroit (Michigan), ville pauvre et industrielle, fief historique de la Motown. Résultat : une série d’entretiens tour à tour drôles, éclairants ou émouvants, entrecoupés d’images d’archives, qui racontent comment une poignée de musiciens noirs, à la fois rivaux et solidaires, sont parvenus à séduire l’Amérique, ouvrant la voie au futur Président Obama.

Réalisation : Raphaël Duroy.

Regarder le documentaire sur MK2vod

Berry Gordy : de la galère aux disques d’or

écrit par Olivier Cachin le 3/12/08 dans Histoire

Berry Gordy

Berry Gordy est né à Detroit le 28 novembre 1929 dans une famille de fermiers de la Géorgie. D’abord boxeur, puis soldat, il commence très jeune à écumer les clubs de jazz, et ouvre son magasin de disques en 1953. Son passage comme ouvrier dans les usines Ford alors qu’il commence à écrire ses premières chansons lui donne une idée d’une simplicité biblique, et totalement géniale : il va adapter le mode de fonctionnement du travail à la chaîne à l’univers du disque !

Berry Gody compose d’abord des titres pour Jackie Wilson (dont le classique « Reet Petite »), forme sa première boîte avec sa deuxième femme, et rencontre Smokey Robinson en 1957. Smokey suggère à Berry ne pas se cantonner à écrire des chansons : il doit monter son propre label.

C’est la naissance de Motown, contraction de « Motortown » (le surnom de Detroit, ville où sont basés les gros constructeurs de voitures) et de ses nombreuses compagnies affiliées, parmi lesquelles la maison d’éditions Jobete Music Publishing, la société de management ITM et les sous labels Gordy Records et Tamla. Les artistes signés par Berry Gordy sont considérés comme des salariés, et doivent suivre les ordres de leur patron qui leur fournit des auteurs, des compositeurs ainsi que des professeurs de chant, de danse, de maintien.

Dictateur éclairé, Gordy façonne le label à la mesure de son ambition. Il veut faire de la pop music, réussir ce fameux « crossover » qui va transformer ses artistes noirs en stars pour le grand public blanc. La première sortie du label en 1959 est « Way Over There », une chanson interprétée par Smokey Robinson & The Miracles et produite par Smokey lui-même. Dès 1961, le premier hit débarque : « Shop Around » des Miracles se place numéro un des charts r&b et numéro deux des charts pop. Dix ans plus tard, Motown pèse 40 millions de dollars et emploie près de 150 personnes.

La légende est en marche, et elle perdure depuis cinquante ans.