Berry Gordy : de la galère aux disques d’or
écrit par Olivier Cachin le 3/12/08 dans Histoire
Berry Gordy est né à Detroit le 28 novembre 1929 dans une famille de fermiers de la Géorgie. D’abord boxeur, puis soldat, il commence très jeune à écumer les clubs de jazz, et ouvre son magasin de disques en 1953. Son passage comme ouvrier dans les usines Ford alors qu’il commence à écrire ses premières chansons lui donne une idée d’une simplicité biblique, et totalement géniale : il va adapter le mode de fonctionnement du travail à la chaîne à l’univers du disque !
Berry Gody compose d’abord des titres pour Jackie Wilson (dont le classique « Reet Petite »), forme sa première boîte avec sa deuxième femme, et rencontre Smokey Robinson en 1957. Smokey suggère à Berry ne pas se cantonner à écrire des chansons : il doit monter son propre label.
C’est la naissance de Motown, contraction de « Motortown » (le surnom de Detroit, ville où sont basés les gros constructeurs de voitures) et de ses nombreuses compagnies affiliées, parmi lesquelles la maison d’éditions Jobete Music Publishing, la société de management ITM et les sous labels Gordy Records et Tamla. Les artistes signés par Berry Gordy sont considérés comme des salariés, et doivent suivre les ordres de leur patron qui leur fournit des auteurs, des compositeurs ainsi que des professeurs de chant, de danse, de maintien.
Dictateur éclairé, Gordy façonne le label à la mesure de son ambition. Il veut faire de la pop music, réussir ce fameux « crossover » qui va transformer ses artistes noirs en stars pour le grand public blanc. La première sortie du label en 1959 est « Way Over There », une chanson interprétée par Smokey Robinson & The Miracles et produite par Smokey lui-même. Dès 1961, le premier hit débarque : « Shop Around » des Miracles se place numéro un des charts r&b et numéro deux des charts pop. Dix ans plus tard, Motown pèse 40 millions de dollars et emploie près de 150 personnes.
La légende est en marche, et elle perdure depuis cinquante ans.













Olivier Cachin n’est pas crédible pour parler de Berry Gordy et de Motown. Ce type fait passer Berry Gordy pour un dictateur, un escroc qui ne faisait qu’exploiter ses artistes. Cachin n’a jamais parler de la dimension politique concernant le label. Pourquoi ? Parce qu’il sen fout tout simplement des aspirations politique et sociales de la communauté afro-américaine, dont Motown fut en partie à l’origine. Berry Gordy avait créé un sous label politique au sein de Motown qui s’appelait Black Forum. Ce label a édité les discours de leaders Noirs tels que Martin Luther King et Stockley Carmichael. Résumer Motown qu’à une dimension musicale est une imposture que se permet de faire Olivier Cachin.
La dimension politique de Motown n’est bien sûr pas négligeable mais c’est une chose qu’il était interdit de revendiquer en tant qu’artiste Motown à l’époque. C’est d’ailleurs un point très délicat à évoquer avec des artistes Motown encore aujourd’hui. C’est une des raisons qui a poussé des artistes tels que Martha Reeves à aller chez Stax. Black Forum était autre chose effectivement.
La vocation de Motown était avant tout de faire de la musique pour tous et elle a effectivement réussi à unir des gens autour d’un même intérêt, l’amour de la musique, tout simplement. En cela, comme le dit Smokey Robinson dans le documentaire d’MK2, toutes les barrières raciales sont tombées.
En cela, Motown a eu un rôle crucial dans l’évolution de la société noire américaine et Berry Gordy a occupé une place primordiale.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que beaucoup d’artistes ont été lésés. Je pense aux Funk Brothers notamment… Je te laisse regarder ‘In the Shadows of Motown’ et on en reparlera.
Olivier Cachin n’a certes pas rencontré Berry Gordy mais il a une connaissance sans faille de la majeure partie des artistes Motown car il les a rencontrés. Ses paroles ne sont donc pas des inventions mais une évocation de point de vue nourrie.
De plus il s’agit d’un article, le blog ne fait que commencer et je ne doute pas qu’Olivier Cachin abordera ce thème !
@ Militzelo
Effectivement les artistes Motown n’avaient pas pour vocation de revendiquer sur un plan politique. Mais le label a largement contribué à l’émencipation de la communauté afro-américaine en imposant une image positive de la communauté Noire et en faisent tomber les barrières raciales sur le plan musical à l’époque de la ségrégation raciale. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne suffit pas seulement de revendiquer, il faut poser des actes. Et Berry Gordy l’a fait en créant la première entreprise de divertissement populaire dirigée par un Noir. Et ça, c’est politique! Concernant la relation de Berry Gordy avec certains de ses artistes, elle est comme toutes les relations que peuvent avoir un producteur avec un artiste. Je me rappelle que le chanteur Pierre Perret avait des reproches à faire envers son producteur Eddy Barclay. Pourtant, on n’a pas fait passer ce dernier pour un escroc comme s’amuse à le faire Olivier Cachin avec Berry Gordy. Et ce n’est pas parce qu’il a rencontré des artistes Motown, que Cachin maitrise l’histoire du label. C’est un faux argument!
Les actes sont l’essence de la politique bien évidemment. La relation Berry Gordy / Artistes a toujours été soulignée d’une façon très particulière. Cela n’est pas dû seulement à son comportement mais plutôt à la fonction que Berry Gordy a occupé dans l’univers de la production musicale. C’est son travail, sa manière d’appréhender le développement artiste qui ont amorcé les méthodes actuellement utilisées dans l’industrie musicale. Il a posé les règles et il fut le premier. Motown malgré sa qualité a été la première compagnie qu’on qualifierait aujourd’hui de “commerciale”. Les arnaques faites à des musiciens tels que les Funk Brothers sont reconnues aujourd’hui. En revanche, si tous les artistes Motown ont dénoncé Berry, le respect, l’admiration et l’esprit familial de cette maison sont toujours d’actualité. Je pense que les artistes ont accepté ce que Berry leur a fait au niveau financier car ils les a tous menés vers le haut et qu’ils n’auraient sûrement pas existés tels qu’ils ont existé, sans lui.
Tyrannie, Exigence, Compétition sont des mots qui ont rimé avec Excellence c’est aujourd’hui acquis.
Ainsi je ne pense pas qu’on puisse comparer un Berry Gordy à un Eddie Barclay malgré tout ce qu’il a pu faire, ce n’est pas la même envergure et notamment comme tu le disais grâce à la portée politique que Motown a eu.
En revanche Pierre Perret et Smokey Robinson à côté, je trouve ça génant
une question beaucoup plus légère…
le premier “tube” de la Motown c’est pas “money” de Barrett Strong?
@ Militzelo
Je n’ai pas comparé Berry Gordy à Eddie Barclay si tu as bien lu mon commentaire. J’ai utilisé la relation entre Pierre Perret et Eddie Barclay afin d’illustrer mon propos qui était de dire que les relations producteurs/artistes parfois difficile font partie de la loi de l’industrie du disque. J’aurais dû prendre la relation difficile qu’ a eu Prince avec le producteur Clive Davis au moment de la sortie de son album en 1999 ” Rave un2 the joy fantastic”, si c’est pour te faire plaisir!
Berry Gordy est un genie d avoir cree la motown .Les plus grands chanteurs sont passés la.
Moi j ai toujours eu une admiration pour cet homme .
Escroc ?.. Dictateur ? Un black monte sa boite dans les USA des années 60 fallait une bonne dose de foi.. Et 50 ans plus tard je poste ce commentaire en écoutant l’un des - nombreux - tubes de ce LABEL..Et je ne suis né qu’en 1970..Alors, c’est tout. Le génie est tout simplement intemporel…
Bonjour a tous, je me présente, je m’appelle PAOLINO (Belgique) sur la discussion sur Motown vous avez tous raison, se que je peux vous dire que cela a fait bouger le monde entier.
Moi je regarde au niveau de la musique, de l’artiste et pas de la politique.
En Belgique nous aimons la soul music en mit-tempo au début des années 60 Motown comme d’autre label jouer de la soul en mit-tempo la différence c’est que chez motown la soul était sophistiquée. Pour les artistes sachez que Cordy à fait sont beur cela est normal il a crus dans ce qu’il fessait. Mais quand il à réussi il aurait du valoriser les artistes pas comme des salariés.
Mais comme des vedettes, ils sont partis pour gagner plus d’argents ailleurs, je termine Cordy a fait du bon boulot, mai aussi il c’est enrichis en négligents beaucoup d’artistes et les musiciens. J’ai connus u peux Marvin Gaye a Ostende il en parlé, bien à vous tous les motowniens.PAOLINO
avez vous un ouvrage de reference sur la MOTOWN ou sur Gordy?
Berry Gordy un dictateur oui mais avec les compositeurs et les chanteurs il les traités comme des travailleurs a la chaine de montage des voiture de chez Ford. Mais moi je ne retiens que le son et les interprètes et son style de musique que l’on reconnaît les yeux fermé.