“JUST GO”, le nouvel album de Lionel Richie

écrit par Marie le 30/03/09 dans Actualités

Le plus grand “Hit Maker” Soul de tous les temps (avec plus de 100 millions de disques vendus !) revient avec son nouvel album “JUST GO”.

Pour ce nouvel opus, la production a encore une fois été confiée aux plus grands songwriters & producteurs du moment : Akon, Stargate, David Foster, Ne Yo, C. Tricky Stewart ou encore The Dream …

“JUST GO”, le 1er SINGLE, extrait de ce nouvel album, a été composé et produit par Akon : la marque et la même la voix du maître sont bien présentes sur ce titre …

En France, la sortie de l’album sera suivi d’un concert exceptionnel à Bercy prévu le 28 avril 2009 où il est attendu pour un spectacle à la hauteur de cet artiste mythique …

Réservez vos places !

My Girl

écrit par Monsieur Resse le 1/03/09 dans Chansons

Des différentes reprises des Temptations auxquelles se seront livrés les Stones dans leur carrière, la moins convaincante me semble celle de My Girl, qui ne sortit d’ailleurs qu’à la faveur d’une compilation de seconde zone, nommée « Flowers ». Jagger y débitait son texte sans légèreté, à peine plus sensuel qu’un Patrick Sébastien s’essayant à la romance. Derrière, le groupe entier semblait également à la peine, appuyant les breaks avec une délicatesse de déménageurs. Fans du groupe, (dont ils reprendraient plus tard Just my imagination, et le funky Ain’t too proud to beg) ils ne semblaient avoir pris aucun plaisir à jouer cet hymne à l’amour, poignant de simplicité, dont Otis Redding allait en revanche signer une version époustouflante.

Pourtant. Quelle merveille que cette chanson, qui fut le premier N°1 du groupe. Evidemment, Les paroles sont d’une simplicité dirons-nous… désarmante… Quelque chose comme “En ce jour nuageux, j’ai le soleil qui brille, et quand il fait froid dehors, pour moi c’est le mois de mai”. Tant de naïveté pourrait plomber tout le morceau, en faire une scie insupportable. C’est l’exact contraire qui se passe, et de façon très évidente. L’arrangement est une merveille, les violons qui pourraient rendre l’ensemble sirupeux à souhait, emmenent la mélodie vers les nuages et le soleil sus nommés. My girl dit simplement le bonheur simple et majeur qu’il y a d’être amoureux. Le pont raconte toute l’histoire, chaque fois que je l’écoute, je VOIS ce jeune mec, ses putains de fleurs à la main, courant confiant vers un rencard avec sa belle. Quiconque n’est pas un monstre absolu a connu une fois, ou sinon rêvé d’un jour connaître, ce bonheur étincelant du rencard qui rend soudain la vie lumineuse, éclatante, belle.

Ensuite il y a l’interprétation. Le groupe est à l’époque un des plus grands. LE plus grand groupe vocal en exercice. Et la voix de David Ruffin soliste sur ce morceau, est parfaite de fraicheur, d’authenticité, d’élégance. Il y met toute son âme, et les choristes derrière lui sont de parfaits anges gardiens.

En 2004, le magazine Rolling Stones pondit un de ces polls dont la presse spécialisée a le secret. Il s’agissait d’identifier les 500 plus grandes chansons pop de la création. My Girl y fut classée 88ème. Pourquoi pas 114 ou 36 ? L’histoire ne dit rien là dessus, mais cela n’a pas la moindre importance. Tout homme qui sent l’amour possible, même pour trois minutes, peut fredonner cette chanson le temps de rejoindre l’endroit du damné rendez-vous. Et si la meuf lui pose un lapin, il pourra repartir en chantant du Jacques Brel, (Madeleine ne viendra pas). Dans la vie aucun bonheur ne dure jamais longtemps. Raison de plus pour goûter cette chanson comme elle le mérite. Une bénédiction.

Motown 50 Party

écrit par Marie le 25/02/09 dans Actualités
Motown 50

Free your funk présente :
50 years of MOTOWN by DJ SPINNA
Vendredi 27 février à la Bellevilloise
22h-6h

Pour fêter les 50 ans du label Motown, qui d’autre aurait-on pu inviter si ce n’est le new yorkais dj Spinna ?
Adoubé par Stevie Wonder lui-même (une jolie preuve ? « Superstition » en live avec dj Spinna aux platines et Stevie Wonder au micro : c’est le Wonderfull clip 2 sur le myspace de Spinna : www.myspace.com/djspinnafrombrooklyn), remixeur officiel de Michael Jackson ou encore de Donald Byrd, Eddie Kendricks, …, grand amateur de Norman Whitflied, Spinna jouera les hits, inédits ou remixes du label qui a révélé bon nombre des plus grands chanteurs afro-américains.
Spinna organise cette soirée à New York depuis une dizaine d’années. Ce sera la première fois qu’il l’exporte en France. C’était déjà le cas lorsqu’il était venu à deux reprises jouer « Prince Vs. Michale Jackson » à notre soirée et déjà la quatrième fois que nous le recevrons. Si le thème change, le principe reste le même : il jouera de minuit à 6 heures. Et comme à chaque fois avec lui, on sera prêt à rembourser ceux d’entre vous qui ne passeront pas un bon moment. On prend peu de risques. Avec Pierre Wax non plus, qui jouera de 22h à Minuit.

Reach Out…

écrit par Monsieur Resse le 1/02/09 dans Chansons

On dira ce qu’on veut de mon gars CloClo, le type avait le don pour repérer le tube imparable, et cela fait UN. Mauvais côté de la médaille, mes premiers souvenirs de Reach Out renvoient vers des dimanches en gris et blanc, qu’animait un Raymond Marcillac plus amidonné qu’une tonne de riz trop cuit, les jeunes d’aujourd’hui ne sauront jamais ce qu’ils ont perdu. 

Claude François passait en vedette de l’émission dominicale, et chaque fois que l’animateur coincé l’annonçait pour mettons, 17 heures, chaque fois la même horde de gourdasses (payées au cachet, probablement) se mettait à glapir façon Pavlov, et tant et plus, comme des qui auraient oublié leur diaphragme à la maison –étant entendu que je cause d’avant 67, année d’autorisation par chez nous de la pilule contraceptive-. Mais une fois rendu sur le terrain, fallait le voir s’expliquer avec le public, le Claude. Jamais je n’ai compris la fascination qu’exerçait l’agité blondinet sur les masses, hors la contemplation des cuisses des quatre meufs en mini qui semblaient lancées à ses trousses. Mais bon… Deux noires, deux blanches. Qestion minorités visibles, il était largement en avance sur son temps. Et cela fait DEUX.

J’attendrai que tu me reviennes à nouveau . Pourquoi pas… même si ça ne vaut pas dix cents à côté de la version originale. Las, il faudrait être sacrément menteur pour affirmer, (je parle pour les vieux de ma génération) qu’on a connu D’ABORD celle des Four Tops. On la découvrirait plus tard, bien plus tard. Une fois de plus. A la faveur d’une compile, ou parce qu’un initié vous la glisserait sur le pick-up, entre Otis Redding et Marvin Gaye.

  

 

Une fois précisé qu’on aimerait tenir le photographe coupable de cette posture grotesque, et lui faire bouffer son 24X36, objectif compris, venir à l’essentiel. Ce qui me tue dans cette version, au-delà de la merveille mélodique, signée de l’infernal trio Holland-Dozier-Holland, se résume dans ces deux vers-LA.

Now when you’re lost and about to give up
’cause your best just ain’t good enough

Quelque chose comme:

Quand tu seras perdue, à deux doigts de renoncer, parce que le meilleur de ta vie c’est juste pas assez.
Se les repasser ad libitum. Pour ressentir à quel point la musique et les vers s’harmonisent ici à un degré presque hallucinant. Après la flûte de l’intro, quasiment primesautière, est venue cette rythmique si tendue que nul ne songerait un instant à croire aux petites fleurs, aux petits oiseaux des romances. Si tendue qu’au moment du deuxième couplet, on LE VOIT, le malheur qui menace, prêt à plonger sur le monde et les deux tourtereaux. Sauf que… le timbre rauque de Levi Stubbs est d’une autre trempe. Plus fort, plus déterminé que la vie malveillante. Toutes les duretés de l’existence n’y pourront rien: je serai là. Je serai là pour toi, pour te consoler. C’est simple et fort, et ça vous prend par les testicules, comme Shakespeare.

Plus tard, le batteur Narada Michael Walden proposerait (parmi tant d’autres) une version funk assez roborative, s’offrant quelques audaces avec le rythme et la mélodie. Une relecture un poil datée 80’s, mais qui s’entend toujours avec plaisir. N’empêche. le temps de ce morceau, Levi Stubbs et ses trois compères sont ailleurs, atteignant presque le niveau d’émotion de My Girl…

Les Temptations… Faut qu’on en cause, une prochaine fois…

Mr Postman

écrit par Monsieur Resse le 19/01/09 dans Chansons

 Ce titre des Marvelettes illustre assez bien le rapport que de nombreux fans de rock & pop de ma génération, blancs qui grandissaient dans des banlieues déjà cosmopolites, ont eu d’abord avec la soul music, entendez avec la musique NOIRE. Du haut de notre culture insuffisante, vu qu’elle se construisait au fil des jours et au hasard des écoutes, nous avions souvent tendance à diviser le monde en 2 (étant entendu que “la variété” n’était pas de la musique, point de départ acquis, et indiscutable).

D’un côté le rock. Blanc à de très rares exceptions près (Little Richard, Chuck Berry, Jimi Hendrix), pour les prébabas que nous étions, jean’s, vestes de l’armée US, pataugas, chemises à carreaux ou tuniques indiennes, panoplie certifiée puces de Saint Ouen. De l’autre, la musique noire, “pour les carlouches et les rolotos” exigeait les costards jean raymond, la ceinture en croc’, les westons (ou plus probablement imitations). Et la coupe “à la James”, cheveux ramenés en arrière, brushing impec.

Les deux mondes ne se parlaient guère. Dommage, nous aurions gagné du temps, et saisi toute la magie de l’histoire un peu plus vite. Mais trop souvent prompts à limiter l’apport de James Brown au seul et unique Sex Machine, nous mettions un temps certain à identifier les passerelles qui conduisaient du blues au rock, du jazz au rock, du gospel à la soul, de la soul à la pop. Comment, dès le départ, les musiques noires nourrissaient l’âme des stars du rock que nous adulions, demeurait souvent une donnée théorique.

Pour saisir l’influence des artistes Motown, il fallait s’offrir, à l’occasion, de petites remontées dans le temps. Ainsi, refaisant “à l’envers” la discographie des Beatles, découvrait-on l’existence de ce titre enregistré en 63. Deux minutes d’un rock simplissime, mais tellement fortes, question ressenti… Aucun ado du monde n’est passé à côté de cette indépassable frustration, lorsqu’en colo, ou en pension, la distribution de courrier vous ignore superbement et que la lettre espérée de l’être aimé n’arrive pas, qu’on l’imagine restée au fond du sac. Qui ne rêvait alors d’attraper le facteur : fouille ta sacoche, mec, je suis sur qu’il y a une putain de lettre pour moi. Le début du morceau partait dans des choeurs joyeux (Paul et George) sur lesquels John exprimait joliment son impatience d’adolescent rebelle, qui finirait en larmes rauques, entre rage mal contenue et tristesse infinie.

Il me semble que tous les tubes de Motown qui continuent de m’accompagner sont de cette nature. D’ailleurs, Mr Postman, dans sa version originale signée des Marvelettes, fut le premier N°1 du Label, en 61. En deux minutes, passe un instantané de vie, un condensé d’émotions vraies, donc intemporelles. Presque un film dont chaque génération à venir peut s’imaginer acteur. La magie des tubes de Motown réside dans cette intemporalité, absolument dénuée de toute prétention, et c’est ce qui les rend aussi indispensables, cinquante ans après.

Podcast M50

écrit par Marie le 15/01/09 dans podcast

Abonnez-vous au Podcast Motown50 et redécouvrez l’histoire du label à travers une sélection musicale commentée et complétée par des interviews d’artistes.

1er épisode :

SMOKEY ROBINSON - MOTOWN REFLECTIONS

Tracklisting :

I Second That Emotion - Smokey Robinson & The Miracles

Baby, Baby Don’t Cry - Smokey Robinson & The Miracles

(Love Is Like A) Heat Wave - Martha Reeves and The Vandellas

Mickey’s Monkey - Smokey Robinson & The Miracles

I Heard It Through The Grapevine - Marvin Gaye

Ain’t Nothing Like The Real Thing - Marvin Gaye & Tammi Terrell

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Stevie Wonder, aveugle et visionnaire

écrit par Olivier Cachin le 12/01/09 dans Chansons, Histoire

Stevland Hardaway Judkins Morris, mieux connu sous le nom de Stevie Wonder (« Stevie le merveilleux »), naquit à Saginaw, une ville microscopique du Michigan (56.000 habitants en 2007), le 13 mai 1950. Aveugle de naissance, il n’a que douze ans lorsqu’on le présente à Berry Gordy. Déjà virtuose, il joue de plusieurs instruments et séduit le pacha de Motown, qui le signe sur son label Tamla et sort son premier disque, The 12 Year Old Genius, en 1963, quelques mois seulement avant le second, Tribute To Uncle Ray, qui comme son nom l’indique est un disque hommage à son idole Ray Charles. Là où tant d’enfants prodiges s’usent après quelques années passées à jouer les phénomènes de foire, Stevie suit un trajet parallèle à celui de Michael Jackson, et ne cesse de se bonifier avec les ans, acquérant une technique, un feeling et une présence qui vont en faire un des artistes les plus emblématiques de la soul du 20ème siècle.
Les Grammy Awards de 1973 constituent un des crescendos d’une carrière qui en comporte beaucoup d’autres : Stevie reçoit ce soir-là le prix de la meilleure performance vocale pop pour « You Are The Sunshine Of My Life », meilleure performance vocale r&b pour « Superstition » et album de l’année pour Innervisions. Stevie a depuis accumulé les récompenses, récoltant au fil des ans 22 Grammies et plaçant plus de trente singles dans les dix premières places des hit-parades (« I Wish », « Sir Duke », « Living For The City », « Ebony And Ivory » en duo avec Paul McCartney, « I Just Called To Say I Love You », « Part Time Lover », etc).
Non-voyant mais non dénué d’humour, Stevie a écrit la chanson « Don’t Drive Drunk » (« Ne conduis pas quand tu es ivre ») au profit de l’organisation MAAD (Mothers Against Drunk Driving). En plus de ses chansons, il est aussi connu pour ses engagements divers, notamment son lobbying intensif pour faire du 15 janvier, le jour de l’anniversaire du pasteur Martin Luther King, une fête nationale. C’est pour cette cause qu’il composa en 1980, sur le splendide album Hotter Than July, la chanson « Happy Birthday ». Le 15 janvier devint jour férié peu de temps après la sortie du morceau. Dans les années 80, Stevie participe avec 45 autres artistes majeurs de la soul et du rock au morceau caritatif le plus emblématique du 20ème siècle, « We Are The World », qui resta numéro un des charts pendant un mois en avril 1985.
Plus discret durant les années 2000, Stevie a sorti son dernier album, A Time To Love, en 2005, toujours sur le label Motown auquel il est resté fidèle depuis 46 ans. Un autre record pour ce génie de 12 ans qui en a désormais 58, et qui a prouvé sur la scène de Bercy le 28 septembre 2008 devant un public sous le charme qu’il avait toujours le feu sacré.

Smokey Robinson, le miracle de la soul

écrit par Olivier Cachin le 8/01/09 dans Histoire, general

William « Smokey » Robinson, né le 19 février 1940 à Detroit, reste l’un des secrets les mieux cachés de l’usine à tubes qu’est la Motown. C’est à l’âge de 13 ans que ce génie précoce fonde son premier groupe, les Miracles, avec ses amis de lycée. Plus tard, le groupe incorpore la chanteuse Claudette Rogers, qui deviendra mme Robinson. Smokey a 18 ans lorsqu’il croise la route de Berry Gordy, qui va vite comprendre le potentiel de cet artiste qui compose aussi bien qu’il chante.
Smokey se souvient de cette première rencontre dans son autobiographie : « Berry nous avait entendu lors d’une audition, et il m’a engagé pour faire les chœurs de quelques-uns de ses artistes. Il a bien aimé une de mes chansons, “Mama Done Told Me“, et puis il a écouté une autre de mes compositions. J’avais déjà écrit une centaine de morceaux, et Berry les a passés en revue, m’expliquant tout ce qui n’allait pas. Il m’a fait comprendre que je devais bâtir une intrigue basique et m’y tenir. Il m’a dit que chaque chanson devait individuellement raconter une histoire complète. Berry Gordy est la meilleure chose qui me soit jamais arrivé ».
Berry pourrait dire la même chose de Smokey, car dès le single « Get A Job » sorti en 1958 sur le label End Records, les Miracles cartonnent. Et c’est aussi pour ça que l’année suivante, quand Gordy crée Tamla Motown, le groupe est une de ses premières signatures. « Shop Around », devenu un classique du rhythm & blues, se place au numéro un des charts r&b et numéro 3 des charts pop en 1961.
Smokey et ses Miracles vont écumer les hit-parades durant toutes les années 60 avec des chansons telles que « Ooo Baby Baby », « I Second That Emotion », « Baby, Baby Don’t Cry », « The Tracks Of My Tears » et « Going To A Go-Go ». Les années 70 démarrent avec un de leurs plus gros succès, « Tears Of A Clown », co-écrit avec Stevie Wonder, qui passe deux semaines à la première place des charts. Mais en 1972, Smokey se met en retrait des Miracles, cédant sa place de leader à Billy Griffin. Smokey en a assez des tournées incessantes et veut passer plus de temps avec sa famille. Il est aussi devenu vice-président exécutif de la Motown, et écrit ou produit un nombre considérable de chansons pour son label. Sa carrière solo débute en 1973 avec l’album Smokey, le premier d’une longue série (A Quiet Storm en 1975, Love Breeze en 1978, Warm Thoughts en 1980, Smoke Signals en 1986, etc).
Toujours actif dans les années 2000, Smokey a gardé une place à part dans le panthéon Motown. Ses compositions ont été reprises par des artistes aussi différents que les Beatles, les Stones, Blondie, Michael Jackson, Linda Ronstadt, Kim Carnes, The Jesus & Mary Chain et Etienne Daho.

The Four Tops, 55 ans de gloire

écrit par Olivier Cachin le 16/12/08 dans Histoire

Belle saga soul que celle des Four Tops, un des fleurons de la Motown, fondé en 1953 sous le nom des Four Aims. Les quatre chanteurs originaux sont Levi Stubbs (cousin de Jackie Wilson), Lawrence Payton, Abdul « Duke » Fakir et Renaldo « Obie » Benson. Une des première originalités du group aura été de mettre en vedette un chanteur à la voix de baryton, Levi Stubbs, alors que la mode était plutôt aux ténors. Jusqu’en 1967, l’année du départ d’Holland/Dozier/Holland du label Motown, c’est ce trio d’auteurs qui donnera aux Four Tops leurs plus gros succès : « Baby, I Ned Your Loving », « Reach Out (I’ll Be There) » (numéro un des charts pop en 1966 aussi bien en Angleterre qu’aux USA), « I Can’t Help Myself (Sugar Pie, Honey Bunch) », « Standing In The Shadows Of Love », « Bernadette » ou encore « It’s The Same Old Song », dont Claude François chantera l’adaptation française « C’est la même chanson ». Une direction soul grand public que ne laissaient pas présager les premiers disques du groupe, qui a démarré dans le jazz.

Le départ de Motown pour la côte ouest marque la rupture : les Four Tops préfèrent rester fidèle à leur vieille ville de Detroit, et signent chez ABC-Dunhill. Malgré quelques succès, le quatuor ne retrouve pas la magie des années Motown, signant notamment une BO un peu faible pour le polar de blacksploitation Shaft In Africa en 1974. La carrière du groupe perdure néanmoins, plutôt basée sur la nostalgie de l’âge d’or. Mais les quatre chanteurs ne restent pas inactifs pour autant, et reviendront chez Motown par des voies détournées : ainsi Renaldo « Obie » Benson est-il le coauteur du chef d’œuvre de Marvin Gaye « What’s Going On ».

On retrouve les Four Tops sur la label Casablanca à l’époque du disco, et ils obtiennent même un petit tube pour dancefloors, « When She Was My Girl », en 1981.

Les Four Tops retrouvent leurs vieux potes des Temptations pour une émission télé exceptionnelle consacrée aux 25 ans de la maison Motown, et retournent « à la maison » peu après : Back Where I Belong, au titre explicite, sort en 1983 et marque le retour au bercail des enfants prodiges. Il sera suivi de Magic en 1985 et Hot Nights en 1986.

Mais le temps n’oublie personne, pas même les légendes : Lawrence Payton meurt le 20 juin 1997, Renaldo « Obie » Benson le 1er juillet 2005, Levi Stubbs le 17 octobre 2008 . Abdul « Duke » Fakir, 73 ans le 26 décembre 2008, est donc le seul survivant de la formation originale. Le gardien du temple des Tops.

“Un jour, Marvin Gaye s’est penché sur mon berceau”

écrit par Marie le 9/12/08 dans Actualités, Goodies, Histoire, Vidéos

Sophie Delila - What’s going on ? cover

“Toute mon enfance et mon adolescence, j’ai vu tous les jours une photo un peu particulière, posée sur un des meubles du home studio de mon père. Quand j’ai commence a parler, toute petite, mes parents m’ont demandé : « Tu sais qui c’est ? ». La première fois, je pense que je me suis contenté d’agiter ma tête en signe de « non ». C’est entre autre comme ça que j’ai découvert Marvin Gaye. Sur une photo, prise dans ce même home studio, aux cotes de mon papa.

Même s’il a choisi à un moment de ne pas en faire son métier, mon père est un musicien/pianiste/compositeur très talentueux et pour qui la musique tient une grande place dans la vie de tous les jours, depuis toujours. Il a d’ailleurs encore beaucoup d’amis de son époque Rock’n Roll qui continuent de travailler dans ce milieu encore aujourd’hui. L’un d’entre eux avait beaucoup de relations aux Etats-Unis et travaillait avec beaucoup d’artistes Américains, dont Ray Charles. C’est lui qui nous avait les places dans les 5 premiers rangs aux concerts du roi du rhythm and blues.

Un soir, je devais être âgée de quelques mois seulement donc je ne m’en souviens pas, cet ami en question est venu diner chez nous avec son pote : Marvin Gaye ! Un moment assez exceptionnel pour mon père, je pense, et ma mère bien sur, qui en était absolument fan. Je devrais d’ailleurs demander à ma mère ce qu’elle a bien pu leur préparer… Quelle pression ! Après le diner, ils ont écouté tous ensemble des morceaux composés par mon père. Ils ont d’ailleurs enregistré la session d’écoute au magnéto. J’ai réécouté cette cassette avec mon père il y a 2/3 ans. On entend Marvin qui commente sur les accords, les arrangements… Surréaliste.

Oui, j’ai donc « rencontré » Marvin Gaye… Enfin plutôt, il s’est penche sur mon berceau. Donc avec un peu de recul et d’humour, comme j’étais beaucoup trop jeune pour m’en souvenir, je pourrais considérer ça comme une sorte de baptême. C’est plutôt classe non ? Ca expliquerait en tout cas pourquoi ma seule religion est bien la musique…

En tout cas c’est à travers cette photo, cette cassette, ces récits de mes parents, et bien sur la musique de Marvin (et de la Motown), que je m’y suis attachée. Inconsciemment j’ai du le voir comme mon modèle, et ça a forcement eu un impact sur mes gouts musicaux et mon choix de carrière. J’aurais juste aime qu’il vive un peu plus longtemps pour pouvoir en reparler avec lui…

A l’occasion des 50 ans de Motown, je lui envois un petit clin d’œil en reprenant « What’s Going On » à ma façon. Enjoy…“ Sophie Delila

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